Vous venez d’accoucher et ces veinules bleutées ou ces cordons veineux saillants sur vos jambes vous inquiètent ? La bonne nouvelle, c’est que dans la majorité des cas, les problèmes veineux apparus pendant la grossesse s’améliorent sensiblement, voire disparaissent, dans les semaines qui suivent l’accouchement. La levée de la pression de l’utérus et le retour à la normale des hormones font souvent des miracles.
Mais si, après plusieurs mois, certaines veines dilatées persistent et deviennent inconfortables, elles peuvent se transformer en varices chroniques. Ne vous inquiétez pas, des solutions existent, mais elles nécessitent un peu de patience et de stratégie. Cet article fait le point sur ce qui est normal, ce qui ne l’est pas, et les options pour retrouver des jambes légères.
📋 En bref : Ce qu’il faut retenir
- Évolution naturelle : Amélioration fréquente en 3 à 5 semaines, parfois jusqu’à 3 mois post-accouchement.
- Persistance possible : Certaines veines peuvent ne pas se résorber, devenant des varices permanentes.
- Zéro traitement curatif pendant grossesse/allaitement : On se concentre sur le soulagement (contention, hygiène de vie).
- Traitements différés : Évaluation seulement après plusieurs semaines/mois, et après l’allaitement. Options : sclérothérapie, laser, embolisation ou chirurgie selon les cas.
- Premier réflexe : Consulter un phlébologue ou un angiologue pour un bilan personnalisé.
Le scénario post-accouchement : ça part ou ça reste ?
Votre corps vient de réaliser un exploit. Maintenant, il se remet doucement. Pour votre circulation sanguine, c’est un peu la même chose.
La régression, c’est courant. Beaucoup de femmes voient les lourdeurs, les œdèmes et même les petites varicosités ou les varices vulvaires (autour de la vulve) s’estomper comme neige au soleil une fois bébé sorti. Ce processus peut prendre de quelques semaines à trois mois. La raison est simple : le poids du bébé et de l’utérus ne comprime plus les veines du bassin, et le cocktail hormonal (notamment la progestérone qui relâche les parois veineuses) revient à son niveau d’avant-grossesse.
La persistance, c’est une possibilité. Parfois, les veines ont été tellement sollicitées ou sont anatomiquement prédisposées qu’elles ne retrouvent pas leur tonus d’origine. C’est particulièrement vrai si les veines saphènes (les grandes veines superficielles des jambes) ou les veines pelviennes ont été endommagées. Dans ce cas, les dilatations deviennent des varices établies.
💡 Mon astece perso
Ne jetez pas vos bas de contention de grossesse tout de suite ! Je les ai gardés et portés les premières semaines post-partum, surtout les jours de grande fatigue ou de longue station debout. Ça m’a aidée à passer le cap en douceur et à soutenir ma circulation pendant qu’elle se réorganisait. Un vrai gain.
Pendant la grossesse et l’allaitement : on apaise, on ne traite pas
Il est crucial de le savoir : aucun traitement curatif invasif n’est recommandé pendant la grossesse ou l’allaitement, sauf situation exceptionnelle et très spécifique sous contrôle médical strict. L’objectif est purement symptomatique : vous soulager en attendant des jours meilleurs.
| Mesure | Comment ça agit ? | Conseils pratiques |
| Contention élastique (bas, collants) | Comprime les jambes, améliore le retour du sang vers le cœur, réduit la dilatation. | À mettre au réveil, avant de poser le pied par terre. Choisissez la classe de compression prescrite par votre médecin. |
| Veinotoniques (sur avis médical) | Renforcent la tonicité de la paroi veineuse, réduisent l’inflammation. | Médicaments à base de plantes (comme les flavonoïdes). À discuter avec votre gynécologue ou généraliste. |
| Hygiène de vie | Agit sur tous les fronts pour décharger le système veineux. | Marche quotidienne, surélévation des jambes dès que possible, éviter la chaleur (bains trop chauds, épilation à la cire chaude), douches fraîches sur les jambes, massages doux remontants. |
Petit aparté sur les veinotoniques : leur efficacité est reconnue pour le soulagement des symptômes (lourdeur, douleur), mais ils ne font pas disparaître les varices. Considérez-les comme un coup de pouce, pas comme une solution magique.
Et si ça ne passe pas ? Le guide des traitements post-grossesse
Vous avez attendu sagement, peut-être allaité, et ces veines sont toujours là, parfois même plus inesthétiques ou inconfortables. C’est le moment d’envisager une prise en charge curative. La règle d’or : attendre la fin de l’allaitement et une stabilisation de votre circulation (plusieurs semaines à 6 mois après l’accouchement). Ensuite, direction le ou la phlébologue.
Voici le panorama des options, de la moins invasive à la plus chirurgicale :
🩺 Les traitements en détail
| Traitement | Cible idéale | Comment ça se passe ? | À savoir |
| Sclérothérapie | Varicosités (télangiectasies) et petites varices réticulaires. | Injection d’un produit sclérosant dans la veine via une fine aiguille. Le produit irrite la paroi, la fait se coller et se fibroser. La veine devient un cordon fibreux puis est résorbée. | Rapide, en cabinet, peu douloureux. Plusieurs séances souvent nécessaires. Port de contention indispensable après. |
| Laser endoveineux (EVLA) | Varices plus grosses, atteinte des troncs veineux (comme la saphène). | Sous anesthésie locale, une fibre laser est introduite dans la veine. La chaleur générée détruit la paroi veineuse de l’intérieur. | Très efficace, taux de succès élevé. Moins invasif que la chirurgie classique. Récupération assez rapide. |
| Embolisation des varices pelviennes | Varices vulvaires ou pelviennes persistantes et douloureuses après grossesse. | Procédure mini-invasive sous contrôle radiologique. On accède à la veine par une ponction (souvent au pli du coude ou à la cuisse) et on obstrue la veine malade avec des coils (petits ressorts) ou de la colle. | Spécifique aux varices du bassin. Efficacité rapportée entre 70 et 90%. Suivi parfois nécessaire par IRM. |
| Chirurgie (stripping/éveinage) | Varices très volumineuses, complexes ou récidivantes. | Sous anesthésie, la veine saphène malade est retirée (strippée) via de petites incisions. | Solution radicale pour les cas sévères. Convalescence plus longue. De plus en plus remplacée par les techniques endoveineuses (laser, radiofréquence) quand c’est possible. |
Le choix du traitement dépend d’une écho-doppler, un examen indolore qui cartographie vos veines et identifie les points de reflux (les valves qui ne ferment plus bien). C’est la feuille de route indispensable. Ne vous lancez jamais dans un traitement sans cet examen.
⚠️ Point vigilance
Le risque de récidive existe, quelle que soit la méthode. Nos veines sont un système vivant et une prédisposition familiale ou hormonale peut entraîner l’apparition de nouvelles varices. C’est pourquoi un suivi régulier et le maintien des bonnes habitudes (contention lors des vols longs, grossesses futures, etc.) sont essentiels.
Questions Fréquentes (FAQ)
❓ Les varices post-grossesse, en questions
Est-ce que je peux faire de la sclérothérapie si j’allaite ?
Il est généralement recommandé d’attendre la fin de l’allaitement pour entreprendre un traitement curatif comme la sclérothérapie. Bien que le produit soit injecté localement, par principe de précaution, les médecins préfèrent éviter tout risque, même minime, de passage dans le lait maternel. Concentrez-vous sur les mesures de confort (contention, hygiène de vie) en attendant. Pour une position médicale officielle, vous pouvez consulter les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la prise en charge de l’insuffisance veineuse.
Les varices peuvent-elles empêcher une nouvelle grossesse ?
Non, avoir des varices n’est pas une contre-indication à une grossesse. Cependant, une grossesse future peut les aggraver ou faire réapparaître des varices qui avaient été traitées. Si vous envisagez un autre enfant et que vous avez des varices gênantes, il peut être judicieux de consulter un phlébologue avant la conception. Un traitement préventif peut parfois être proposé pour limiter l’aggravation pendant la future grossesse. Des ressources complètes sur la santé veineuse et la maternité sont disponibles sur le site de la Société Française de Phlébologie.
Comment distinguer une simple varicosité d’une varice à risque ?
Les varicosités sont ces fines veinules rouges ou violettes en « toile d’araignée », superficielles et généralement indolores. Une varice est plus grosse, palpable (comme une corde sous la peau), bleutée et peut s’accompagner de symptômes : lourdeur, douleur, crampes nocturnes, œdème (gonflement) de la cheville. Le signe qui doit vous pousser à consulter sans tarder est l’apparition de changements cutanés : peau qui durcit, devient brunâtre (dermite ocre), ou pire, un ulcère (plaie). Dans ce cas, la consultation avec un spécialiste est impérative.
Le mot de la fin
Les varices post-grossesse, c’est souvent une loterie hormonale et anatomique. La première chose à faire est de vous accorder du temps. Votre corps a besoin de mois, pas de jours, pour se réparer. Utilisez ce délai pour adopter les bons réflexes de confort.
Ensuite, si l’amélioration n’est pas au rendez-vous, sachez que la médecine vasculaire a fait d’énormes progrès. Les traitements sont de plus en plus mini-invasifs, précis, et avec des récupérations rapides. Prenez le temps de consulter, de faire un bilan sérieux, et de discuter de toutes les options avec votre médecin.
Et n’oubliez pas : ces marques sont le témoin du chemin parcouru pour mettre au monde votre enfant. Il est légitime de vouloir les atténuer pour votre confort et votre bien-être, mais elles font aussi partie de votre histoire.
Et vous ? À combien de mois post-partum avez-vous vu une vraie amélioration ? Partagez votre expérience en commentaire, ça peut aider d’autres mamans à se repérer.